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Question orale au Conseil d’Agglomération du Grand Montauban du 08/07/2026 

13 septembre 2026

Monsieur le Maire,
Monsieur le Président du Grand Montauban,

L’édition 2026 du festival Montauban en Scènes s’est achevée de manière prématurée en raison d’importants aléas climatiques.Si le succès populaire semble une nouvelle fois au rendez-vous, avec une fréquentation annoncée d’environ 30 000 spectateurs, une question essentielle demeure : quel est le coût net réel de ce festival pour les contribuables du Grand Montauban ?

Nous rappelons que le Grand Montauban Communauté d’agglomération est aujourd’hui l’organisateur du festival, tandis que la Ville de Montauban que la Ville de Montauban participe à son déroulement par différents moyens humains, matériels et logistiques. C’est donc bien le coût consolidé pour les finances publiques locales qui doit être apprécié.

Nous prenons comme référence l’exercice 2024, seul exercice complet publié à ce jour.
Le compte administratif 2024 fait apparaître :

1 877 567,89 € de dépenses réelles de fonctionnement ;
1 010 585,51 € de recettes réelles, dont :
943 798,11 € de billetterie et packs entreprises ;
20 800 € de sponsoring ;
45 987,40 € de droits de place.

Le déficit de fonctionnement s’élève ainsi à 866 982,38 €, auquel s’ajoutent 6 975,03 € de dépenses d’investissement en matériel. Le coût net public connu pour cette seule édition approche donc 874 000 €.Autrement dit, malgré près d’un million d’euros de recettes, le festival ne couvre qu’environ 54% de ses dépenses directes connues.

Pour l’édition 2025, les seuls contrats artistiques identifiés représentent déjà près de 909 000 € HT, avant même les dépenses techniques, de sécurité, de communication, de logistique, d’accueil, de personnel, d’assurances ou de billetterie. Le coût global de cette édition sera donc nécessairement supérieur, mais il n’est pas encore connu.

Dans un souci de transparence de l’utilisation des deniers publics, nous demandons au Grand Montauban, organisateur du festival, ainsi qu’à la Ville de Montauban pour les moyens qu’elle met à disposition, de communiquer pour les exercices 2024 et 2025 :

1. Le détail complet des dépenses par poste : programmation artistique, technique, sécurité, communication, logistique, accueil, personnel, assurances, billetterie et autres frais annexes
2. Le détail des recettes : billetterie, sponsoring, mécénat, packs entreprises, droits de place et toutes autres recettes
3. Le nombre de billets commercialisés, le nombre d’invitations, de gratuités, d’exonérations et de places réservées aux partenaires
4. Le coût net par spectateur
5. Le compte analytique complet du service « Festival Montauban en Scènes »
6. Le coût net consolidé réellement supporté par les finances publiques locales, en intégrant l’ensemble des dépenses directes et indirectes ainsi que les mises à disposition de personnels, de matériels, de locaux, de prestations techniques et de tout autre concours apporté par la Ville de Montauban ou par le Grand Montauban.

Nous souhaiterions également connaître les garanties d’assurance souscrites pour couvrir les risques d’annulation liés aux aléas climatiques, notamment pour l’édition 2026 :

1. Quels risques étaient couverts ;
2. Pour quels montants ;
3. Avec quelles franchises ;
4. Et quelles indemnisations sont aujourd’hui attendues ou déjà obtenues ?

Enfin, il convient de distinguer clairement deux niveaux de responsabilité. Les choix opérationnels— programmation artistique, négociation des cachets, politique tarifaire ou prévisions de fréquentation— relèvent naturellement de la direction du festival et des services chargés de son organisation. En revanche, la décision de consacrer près de deux millions d’euros de dépenses publiques à cette manifestation, ainsi que l’acceptation d’un déficit structurel important, relèvent pleinement de la responsabilité des élus qui votent le budget.

Le Grand Montauban a fait le choix politique d’être producteur et organisateur de spectacles. Ce choix peut parfaitement se défendre au regard du rayonnement culturel et de l’attractivité de notre territoire. Nous ne le contestons pas par principe. En revanche, lorsqu’une collectivité mobilise de telles sommes d’argent public, cette politique doit être évaluée avec la même exigence que n’importe quel autre investissement public. Le succès populaire d’un événement ne saurait dispenser d’une évaluation objective de son coût, de son efficacité et de son retour pour le territoire.

Notre question est donc simple :

Quelle analyse politique tirez-vous de ce déficit récurrent et quelles mesures concrètes avez-vous mises en œuvre pour l’édition 2026 afin de réduire le coût net supporté par les contribuables, tout en maintenant la qualité et l’attractivité du festival ?


EN BREF : “PANEM et CIRCENSES”

Le festival Montauban en Scène est trop régulièrement déficitaire et ce n’est pas acceptable pour le contribuable en ces temps de faiblesse budgétaire. L’expression« Panem et Circences (du Pain et des Jeux » » est particulièrement adaptée à la situation. La municipalité fait encore de cette manifestation une action de promotion et d’autosatisfaction sans autocritique.

On voit bien que c’est la programmation qui est la plus couteuse et le cachet des artistes emporte la moitié du budget et les recettes ne couvre que 54 % des dépenses !!!

Quel regard critique est porté sur ces dépenses qui font souvent intervenir de nombreux intermédiaires. L’élu doit avoir un droit de regard sur cela.

Un festival populaire OUI mais avec un budget équilibré. On se rappelle le Festival de Jazz de Montauban dont le budget était équilibré jusqu’à ce que la Mairie s’empare de ce type de manifestation. Ne serait-ce pas plutôt le rôle des associations et non pas du contribuable ???

Brigitte LAMOURI
Ex déléguée départementale, aux droits des femmes.
Conseillère municipale et communautaire